Dans un habitat humide, l’apparition de salpetre peut être très embarrassante compte tenu des dommages qu’elle engendre. Dans les régions comme l’Île-de-France, près de 25 % des maisons sont touchées par ce phénomène. L’installation de ce dépôt blanchâtre peut occasionner des problèmes structurels, esthétiques et sanitaires. Raison pour laquelle il est très important de trouver des solutions efficaces pour y remédier. Heureusement, il est bel et bien possible de prévenir ou éradiquer le salpetre. Voici quelques astuces qui pourront vous permettre de le conjuguer au passé !

Qu’est-ce que le salpetre ?

Venant du latin « salpetrea », ce mot peut se traduire littéralement par « sel de pierre ». Lorsqu’on parle le salpetre, on se réfère aux minéraux, spécifiquement aux nitrates de potassium ou d’ammonium. Ils apparaissent grâce aux remontées d’eau provenant du sol, s’y dissoudent et durcissent au contact de l’air. Ces couches de cristaux blancs se font généralement remarquer dans les zones humides où le sol est composé de nitrate. Elles sont reconnaissables par des tâches au niveau des soubassements de mur, mais cela peut parfois s’avérer compliqué.

En effet, le salpetre peut fusionner avec des moisissures et des champignons microscopiques comme le mérule. Le sel de pierre est responsable de la scission de l’enduit, du plâtre et des papiers peints. Il endommage aussi la peinture de vos murs et a des effets néfastes sur la santé de l’homme. Ce sel corrosif peut être la source de maladies dermatologiques et respiratoires comme :

  • les bronchites ;
  • l’asthme ;
  • l’eczéma ;
  • les migraines.

Il est donc important de savoir le prévenir, et surtout, de savoir comment s’en débarrasser.

Comment prévenir le salpetre ?

La prévention est l’une des meilleures solutions pour lutter contre ces couches de cristaux blancs. Il faut comprendre qu’il est impossible de bloquer l’eau pendant une longue durée.

L’évacuation est alors la meilleure alternative pour prévenir ce phénomène. Pour évacuer les eaux de pluie de vos murs, vous pouvez effectuer un drainage. Ce système d’écoulement va éviter les retenues et ainsi empêcher la stagnation et la pénétration de l’eau dans les murs.

Avoir une bonne aération est la seconde alternative pour prévenir le salpetre. Une bonne circulation de l’air ambiant va éviter qu’il y ait trop d’humidité à l’intérieur d’une pièce. L’installation d’un système de ventilation est un moyen efficace pour prévenir naturellement l’apparition de salpetre.

Ces deux possibilités permettent d’anticiper l’humidité sans effectuer de gros travaux. Hormis le drainage et la bonne aération, vous pouvez opter pour des travaux comme :

  • l’aération même des murs ;
  • le choix d’un revêtement mural qui dessèche rapidement ;
  • la création d’un vide sanitaire en hérisson.

L’aération des murs est un revêtement interne ou externe imperméable qui ne favorise pas le séchage de l’eau. L’ôter permet aux murs de s’assécher pendant un temps. Vous pouvez aussi régler le problème en choisissant un revêtement mural qui dessèche rapidement. Optez pour des matières comme l’enduit à la chaux et la pouzzolane. Le pisé est fortement déconseillé. Par ailleurs, le vide sanitaire en hérisson pourra être installé au moment de la construction de la maison. Cette vieille technique doit être réalisée entre les fondations et le premier plancher. Pour la réussir, la terre doit être couverte de pierres tendres appelées moellons. Ces cailloux doivent être posés verticalement et couverts d’un centimètre de chaux hydraulique. Le vide sanitaire en hérisson freine la remontée capillaire.

Comment traiter le salpetre ?

Pour faire disparaître les taches de salpetre, vous devez respecter certaines procédures.

Sécher les remontées capillaires

Les remontées capillaires étant responsables du salpetre, il est alors important d’assécher votre mur. Deux possibilités s’offrent à vous pour cela.

D’une part, vous pouvez y introduire de la résine hydrophobe. Encore appelé injection d’hydrofuge de masse, ce procédé favorise la création d’une barrière d’étanchéité. Celle-ci permet de bloquer la remontée de l’eau venant du sol.

D’autre part, vous installerez une barrière étanche entre le sol et le mur en faisant une saignée préalable. Cette alternative est plus efficace que la première, mais elle est aussi plus chère. Évitez-la si vous n’envisagez pas la réalisation de gros travaux.

Utiliser une ventilation performante

Après le séchage de votre mur, vous devez vous procurer une ventilation de qualité. Il faut retenir que le salpetre apparaît dans les endroits humides où l’air ne circule pas. Vous aurez certainement l’embarras du choix au moment de choisir une bonne ventilation. Vous avez alors le choix entre :

  • la ventilation mécanique simple flux : elle favorise l’extraction de l’air des intérieurs humides. Ensuite, elle les rejette par le biais des conduits d’aération vers l’extérieur ;
  • la ventilation double flux : elle aspire et chauffe l’air externe avant de l’insuffler dans le bâtiment ;
  • la ventilation mécanique répartie : elle permet l’expulsion de l’air grâce aux aérateurs individuels ;
  • la ventilation mécanique inversée : elle conduit l’air chaud dans les pièces.

Sélectionner l’une ou l’autre de ces ventilations en fonction de votre budget.

Nettoyer les tâches de salpetre

Pour évincer le salpetre de vos murs, voici la procédure à suivre :

  • utiliser une brosse dure ou une ponceuse pour frotter le mur ;
  • nettoyer avec de l’eau chaude et rincer avec de l’eau claire ;
  • faire usage de l’acide chlorhydrique pour enlever les traces de salpetre diluées dans l’eau ;
  • peindre ou tapisser la zone nettoyée.

Si l’application de cette procédure est compliquée pour vous, faites appel à un expert.